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L'AUTOSTART (2ÈME PARTIE) : L’AUTOSTART ÉLÉMENT « FACILITANT » OÙ « COMPLEXIFIANT » ?



 QUELQUES CRITÈRES DEVANT INFLUENCER VOTRE ANALYSE


Après avoir étudié dans une première partie l’importance des places derrière la voiture de autostart, étudions maintenant de manière plus détaillée les autres éléments à prendre en compte dans ce type de course.


L'ÂGE ET LA CATÉGORIE

Si au regard de l’étude précédente il est maintenant convenu de l’influence du numéro de départ à l'autostart, n'oublions pas que nous avons affaire à des courses différentes, mettant aux prises des acteurs différents. Dans ce sens, il est important de savoir dans quelle catégorie les chevaux engagés évoluent. Pourquoi ? Tout simplement parce que les places à l’autostart seront d’autant plus déterminantes que les valeurs des chevaux engagés seront proches. Ainsi, retenons qu’en jugeant d'abord du niveau d’homogénéité d’un lot, il conviendra ensuite d’accorder plus ou moins d’importance aux places des engagés derrière la voiture de autostart.

D’un point de vue général, les places à l’autostart auront une moindre importance dans les courses réservées aux jeunes générations, à savoir les 2, 3 ans voire même les 4 ans durant la première partie de l’année. A cet âge les écarts en valeur sont encore importants et un mauvais numéro n’est pas un handicap insurmontable. Exception faite pour les courses réservées aux meilleurs éléments de ces générations qui sont souvent très proches les uns des autres. Dans ce cas précis l’engagement aura une importance primordiale.

Au niveau intermédiaire, à savoir celui des chevaux d’âges de catégories moyennes où petites, comme dans les réclamés par exemple où les petits événements de Vincennes, il est véritablement difficile d’appliquer une règle bien précise car tout dépendra avant toute chose de la qualité du lot des engagés. Ainsi, dans ce type de course, si un trotteur vous semble détenir une très belle chance, il ne faudra pas s’arrêter sur un mauvais numéro de départ car s’il a de la qualité il pourra très bien faire le tour des trotteurs plus moyens et réaliser une belle performance.

Vous l’aurez très certainement compris la catégorie où les numéros prennent le plus d’importance est la catégorie qui regroupe les très bons trotteurs. La raison en est fort simple; les très bons trotteurs sont tous capables de partir très vite, ainsi le placement en début de parcours sera très semblable aux positions de derrière la voiture, placement oh combien déterminant pour la suite des opérations sur un parcours de vitesse. Bien sûr certains champions peuvent déroger à la règle mais croyez moi ils sont très rares…

En résumé, les grandes courses sont celles où les numéros ont le plus d’importance et à contrario les courses de jeunes chevaux (prix de séries) sont celles où les places ont le moins d’importance. Les catégories intermédiaires se situant à mi-chemin entre ces deux profils.

Ces éléments que sont l’âge et la catégorie sont bien sûr à mettre en parallèle avec le nombre de partants dont nous avons vu l’importance dans la première partie de ce dossier. En somme, les deux extrêmes sont d’un côté les courses pour l’élite avec beaucoup de partants où les places seront prépondérantes et de l’autre les petits prix de séries pour 2 et 3 ans avec peu de partants qui seront à traiter quasiment comme une course dont le départ est donné au laser.


LE CHEVAL FAUTIF / DÉLICAT

Le cas des trotteurs délicats ou fautifs est un cas intéressant à traiter dans ce type de course. En effet, certains trotteurs qui se montrent délicats lors des départs donnés au laser peuvent se voir transformés avec un départ lancé. Dans ces conditions, il convient de surveiller les premières courses des trotteurs souvent fautifs s’essayant à ce mode de départ car c’est assurément une source de belles cotes. Ainsi pour un cheval délicat, les meilleures places se situent soit en dehors où en seconde ligne car leur pilote pourra assurer son départ sans être trop contrarié, il sera ensuite contraint à des efforts pour se replacer mais il n’aura pas perdu toute chance au départ, comme cela était le cas au laser. Autre cas de figure relativement fréquent, celui du cheval délicat dont l’entourage a préalablement testé à l'entraînement son aptitude pour ce type de départ. Dans ce cas précis, il est difficile pour le parieur de connaître cette information mais si l'entraîneur vous la livre, c’est un véritable tuyau.

En conclusion, si un trotteur vous a déjà fait impression mais qu’il gâche régulièrement ses courses en se montrant fautif lors du départ, suivez ses performances lors de ses 2 où 3 premières courses derrière l’autostart et ceci quel que soit son numéro de départ… car ce sont de belles cotes en perspective !


LES TROTTEURS « MONTÉS »

Au fil du temps et suivant les évolutions des techniques d'entraînements, il est intéressant de constater que le trotteur français du XXIème siècle est de plus en plus polyvalent dans les deux disciplines de trot. Ainsi, à rapprocher du paragraphe précédent, il est de plus en plus fréquent de voir des chevaux délicats au départ venant du trot monté être orienté sur les parcours de vitesse avec départ à l’autostart. A noter de manière plus générale que les trotteurs confirmés sous la selle sont des trotteurs « de train », c’est à dire que bien que n’ayant pas forcément de changement de vitesse, ils sont donc dotés d’une certaine vitesse de base. Rappelons que le déroulement des épreuves lancées est marqué par l’absence de temps mort, ce sont des courses qui avancent tout le temps, en conséquence de quoi se sont des courses qui répondent fort bien aux caractéristiques des trotteurs montés.

Cet élément est très intéressant et permet lui aussi de « dénicher » de gros outsiders totalement négligés des turfistes et d’ailleurs d’un grand nombre de pronostiqueurs. Mais cette approche qui comporte sa part de risques peut largement faire la différence en votre faveur.


L’IMPORTANCE DU DRIVER

Difficile de ne pas parler de l’importance des drivers avant de clore ce chapitre. En effet, si les pilotes ont assurément un rôle prépondérant quel que soit le type de course, leur rôle n’en n’est que plus important dans les courses avec départ lancé. Pourquoi ? Eh bien nous avons vu précédemment l’importance du placement des trotteurs dès les premiers instants de course. Tout se joue donc au départ et les drivers poussent leur partenaire à la limite de la rupture à cet instant. L’exercice est d’autant plus délicat sur les 2100 mètres de la grande piste de Vincennes que le départ est donné dans la descente. A cet endroit précis du parcours, le moindre écart d’allure ne pardonne pas. Les drivers les plus habiles parviennent bien souvent à se placer au mieux en début de course et il est bien rare qu’ils ne tirent pas profit d’un bon numéro de départ… Lorsqu’ils sont bien placés au départ et confiés à des trotteurs détenant une chance, faîtes confiance aux Jean-Michel Bazire, T Le Beller, Pierre Levesque où encore Christian Bigeon, ils vous le rendront bien !

Comme nous venons de le voir, certains éléments ressortent avant même d’avoir analysé les forces en présence. Nous serions donc tenté de penser que ces éléments nous simplifient la tâche. Alors l’autostart élément « simplifiant » où « complexifiant » ?


L’AUTOSTART ÉLÉMENT « SIMPLIFIANT » OU « COMPLEXIFIANT » ?

Hélas et cela est d’ailleurs très vrai pour toutes les analyses relatives aux courses hippiques, les approches simplifiées ne sont jamais satisfaisantes. Non pas qu’il ne faille pas tenir compte de tout ce qui a été écrit précédemment, bien au contraire, mais il convient de relativiser nos propos.

La première raison à cela est le fait qu’en France les courses avec autostart restent très peu nombreuses et les chevaux ne s’y frottent que très rarement. Ce manque d’expérience pour la majorité des chevaux français rend l’approche logique plus aléatoire. Ainsi du fait même de ce mode de départ il n’est plus possible pour un driver, comme avec le départ volté, d’isoler un cheval pour assurer son départ. Résultat, le cheval français se trouve parfois (voir souvent) désorienté par ce type d'exercice si particulier et celui ayant pour habitude de ne pas être bousculé en début de course risque fort de réaliser une contre performance, voire de se montrer fautif. Vous l’aurez compris, l'approche logique prévaut pour les grandes courses regroupant des chevaux de classe expérimentés mais devient beaucoup plus aléatoire dans la majorité des cas.

Ainsi les critères étudiés précédemment et les numéros de départ sont des éléments facilitant votre choix au moment de faire votre papier mais ils ne remplaceront jamais votre connaissance des forces en présence.

En conclusion les critères étudiés sont des éléments simplifiant pour les courses réunissant des chevaux d’expérience et de qualité mais complexifiant dans les catégories plus faibles où la connaissance des forces en présence prime sur les placements.